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Renforcer la résilience : l’accent mis par les détenteurs d’actifs canadiens sur les cadres de gestion des risques avancés

Par Katie Pries – Directrice générale, Canada – Northern Trust
mai 20, 2026

Les détenteurs d’actifs canadiens accordent systématiquement une attention forte et délibérée à la gestion des risques, reflétant une sensibilité accrue à la volatilité des marchés et à la complexité opérationnelle. 

C’est ce que révèlent les résultats de l’étude « Asset Owners in Focus » 2025 de Northern Trust, un sondage mené auprès de 180 détenteurs d’actifs à l’échelle mondiale, qui a montré que les répondants canadiens continuent de privilégier la gestion des risques et la budgétisation des risques comme indicateurs clés pour évaluer le rendement du portefeuille. Le risque de liquidité, le risque de contrepartie et le risque d’émetteur occupent une place prépondérante dans la surveillance et la gouvernance des portefeuilles. 

Ces détenteurs d'actifs accordent également une grande importance aux techniques de gestion structurée des risques, comme la gestion de l'exposition, l'analyse des risques et la comparaison avec des portefeuilles de référence, afin de garantir l'adéquation avec leurs objectifs à long terme. Cette orientation est renforcée par les défis qu'ils entrevoient pour l'avenir, notamment la complexité croissante de la gestion des risques et la nécessité de disposer de données précises et actualisées pour étayer la prise de décision. 

En conséquence, les institutions canadiennes investissent activement dans des cadres et des outils de gestion des risques plus solides, ce qui témoigne d'une approche rigoureuse et prospective visant à gérer l'incertitude tout en préservant la résilience de leurs portefeuilles.

Alors que les détenteurs d'actifs canadiens évoluent dans un environnement de plus en plus complexe, l'impératif est clair : la résilience doit être intégrée non seulement dans les modèles, mais aussi dans tous les aspects de la gestion de portefeuille. Les sections suivantes montrent comment les cadres de gestion des risques avancés sont mis en pratique, influençant ainsi les décisions d'investissement, les processus opérationnels et la définition même d'une gestion efficace des risques.

À la pointe des techniques de gestion globale des risques

Les répondants canadiens font clairement prévaloir l'analyse des risques comme principale technique de gestion des risques de portefeuille, 43 % d'entre eux la considèrent comme leur approche la plus importante, loin devant toute autre méthode. Cela semble indiquer que, plutôt que d'ancrer la gestion des risques dans un cadre structurel unique tel que la gestion actif-passif (GAP) ou la budgétisation des risques, les détenteurs d'actifs canadiens privilégient une approche plus continue et diagnostique pour appréhender et gérer les risques.

Au-delà de l'analyse des risques, les réponses se révèlent beaucoup plus hétérogènes, l'investissement factoriel et la (GAP) sont cités chacun par 14 % des répondants, tandis que le bêta stratégique et les ajustements tactiques de la répartition d'actifs sont cités chacun par 10 %.

Cette disparité témoigne d'un degré élevé de personnalisation institutionnelle dans la mise en œuvre des cadres de gestion des risques, même lorsque l'importance du contrôle analytique fait l'objet d'un consensus.

Dans d'autres régions, les meilleurs classements se répartissent de manière plus équilibrée entre la gestion des risques, les ajustements tactiques de l'allocation d'actifs et les approches axées sur la (GAP). 

Nous constatons également qu'un large éventail d'indicateurs de gestion des risques figure parmi les trois mesures jugées les plus importantes :

  • Risque de liquidité – Classé parmi les trois principaux indicateurs par 48 % des répondants 
  • Risque opérationnel – Classé parmi les trois principaux indicateurs par 48 % des répondants 
  • Budgétisation des risques – Classée parmi les trois principaux indicateurs par 38 % des répondants 
  • Risque d’atteinte à la réputation – Classé parmi les trois principaux indicateurs par 38 % des répondants 
  • Risque réglementaire – Classé parmi les trois principaux indicateurs par 29 % des répondants

Réagir à l’importance accrue accordée à la liquidité

Selon cette étude, les répondants canadiens adaptent en permanence leur cadre de gestion des risques et cherchent à cerner les répercussions en aval afin de déterminer comment ils devraient réorienter leurs approches, notamment en matière de stratégie de liquidité. Parmi les répondants canadiens qui ont indiqué que la liquidité gagnait en importance, la moitié d'entre eux attribuaient cette opinion à un changement de stratégie en matière de risque, ce qui montre qu'ils appliquent activement des mesures de risque pour déterminer les niveaux de liquidité de leurs portefeuilles. 

Face à cette importance croissante de la liquidité, 75 % des personnes interrogées ont déclaré s'être tournées vers des placements à court terme à faible risque, 63 % ont augmenté la part de leurs liquidités et 50 % ont indiqué avoir renforcé la surveillance du risque de contrepartie.

Augmentation des investissements opérationnels dans les technologies, les équipes et les prestataires de services

D'après les conclusions du rapport, les détenteurs d'actifs canadiens sont davantage enclins à investir dans l'expertise, tant en interne qu'en externe, ainsi que dans les technologies, dans le cadre de leur approche de gestion des risques.

En ce qui concerne les professionnels spécialisés au sein de leurs organisations, 48 % des répondants canadiens employaient plus de 10 spécialistes dédiés à la stratégie de gestion des risques, contre seulement 30 % de l'échantillon mondial, ce qui témoigne d'une volonté de maintenir des équipes de gestion des risques plus importantes et plus compétentes.

En examinant les services que les détenteurs d'actifs confient déjà à des prestataires, 62 % des personnes interrogées ont indiqué bénéficier de services de mesure des risques, ce qui témoigne d'une volonté plus marquée d'investir dans des services spécialisés pour répondre à ce besoin par rapport à la moyenne mondiale (51 %).

Ce groupe attend également beaucoup des prestataires de services pour ce qui est de les aider à mieux gérer leurs données et leurs technologies dans le domaine de la gestion des risques. Quarante-trois pour cent ont indiqué que l'amélioration de la gestion des risques et de l'analyse constituait un service utile, contre seulement 36 % des personnes interrogées à l'échelle mondiale.

La résilience face aux risques au Canada

En fin de compte, ces conclusions, qui portent spécifiquement sur le Canada, mettent en évidence une constante : la gestion des risques est considérée comme une discipline opérationnelle essentielle. Les détenteurs d'actifs canadiens indiquent clairement où se situent les risques dans le portefeuille, comment ceux-ci sont surveillés et qui est responsable en cas de changement de circonstances.

Pour les institutions canadiennes, les cadres de gestion des risques avancés visent avant tout à assurer le contrôle et la continuité. Ils offrent un langage commun pour la prise de décision dans les domaines de l'investissement, des opérations et de la gouvernance, garantissant ainsi que les portefeuilles restent rentables, que les engagements puissent être honorés et que les objectifs à long terme soient maintenus, même lorsque les conditions du marché évoluent. Dans un environnement marqué par la complexité et l'incertitude, c'est cette rigueur qui fait de la gestion des risques une source durable de résilience.


Katie Pries

Country Executive, Canada, Northern Trust

Katie Pries is Country Executive, Canada and Head of Financial Crimes Strategy, Project Oversight & Delivery at Northern Trust. She oversees the management and growth of Northern Trust’s business in Canada, strengthening relationships with clients, prospects, and regulators. She serves on the Canadian Management Committee and is a member of the Canadian Board. Katie also served as Global Chief Risk Officer for Corporate and Institutional Services business unit, inclusive of The Northern Trust Canada Legal Entity as well as Northern Trust Global Services. In this role, Katie also served as a Director on The Northern Trust Company International Banking Company (TNTIBC) Board. Prior to joining Risk Management, Katie served as the Managing Executive of Client Service for the asset management business of Northern Trust. In this capacity, Katie was responsible for leading overall client service delivery, including service model and execution of client activities for the Institutional, Wealth, and third-party business channels. Before that, Katie served as a lead relationship advisor and advocate for large corporate client entities. Specifically, her responsibilities included: Fostering client/Northern relationship and fielding potential cross-sell opportunities; documenting and complying with client-specific procedures; managing specific client issues and ensuring resolution to the client’s satisfaction.